À quelques minutes de Périgueux, l’Abbaye de Chancelade traverse les siècles et semble posée hors de temps.

Fondée vers 1096 par l’abbé Foucault, elle adopte quelques années plus tard la règle de saint Augustin et devient peu à peu un lieu spirituel important du Périgord.

Comme beaucoup de vieilles pierres, elle a connu les blessures de l’Histoire. La guerre de Cent Ans puis les guerres de Religion l’ont durement éprouvée. Mais au XVIIᵉ siècle, Alain de Solminihac lui redonne souffle et lumière, reconstruisant patiemment ce que le temps et les hommes avaient abîmé.

Aujourd’hui encore, l’abbaye reste habitée. Depuis 1998, une communauté de chanoines réguliers de Saint-Victor y poursuit une vie tournée vers la prière, l’accueil et le silence. Le site abrite également le centre spirituel Alain de Solminihac.

En parcourant les lieux, on découvre l’église abbatiale classée Monument Historique, la chapelle Saint-Jean, les anciens bâtiments conventuels et cette atmosphère particulière que seuls certains endroits savent conserver. Concerts, retraites et animations culturelles viennent régulièrement faire vibrer les vieilles pierres.

L’ensemble continue d’ailleurs sa renaissance grâce à d’importants travaux de restauration. Le logis de l’Abbé, rouvert en décembre 2025, participe lui aussi à rendre vie à ce lieu paisible où l’histoire semble respirer encore entre les murs.

On y vient pour admirer l’architecture romane, les détails sculptés dans la pierre, les ombres fraîches du cloître. Mais aussi pour ralentir un peu. Écouter les pas résonner sous les arches. Regarder les arbres veiller autour des murs anciens. Sentir cette étrange sensation d’être à la fois très loin… et exactement à sa place.

L’abbaye de Chancelade n’est pas seulement un monument. C’est une parenthèse.

Source du lavoir – Photo Eklaan

Avant même les pierres de l’Abbaye de Chancelade, il y avait l’eau.
Une source discrète, glissant certainement entre les ombres et les herbes.

Photo Eklaan

Le nom de Chancelade viendrait du latin fons cancellatus : la fontaine cachée, la source protégée. Des hommes sont venus s’installer auprès de cette source. Peut-être pour son eau. Peut-être pour le calme qui l’entourait déjà. Autour d’elle est née peu à peu une vie religieuse, comme si ce filet d’eau avait tracé lui-même l’emplacement de l’abbaye

Eglise St Jean – Photo Eklaan
Arche chapelle Saint-Jean

Avec ses pierres romanes usées par les siècles, son arche sobre et silencieuse, elle semble accueillir les visiteurs comme elle l’a toujours fait : sans éclat, mais avec une paisibilité propre aux vieux lieux sacrés.

Accrochée aux pierres de la chapelle Saint-Jean, la Cymbalaire des murailles semble avoir choisi les vieux murs comme refuge. Entre les fissures, elle déploie discrètement ses petites fleurs mauves, comme une poignée de printemps déposée sur la pierre.

Il y a quelque chose de touchant dans cette rencontre entre le minéral et le vivant. D’un côté, la chapelle romane qui traverse le temps. De l’autre, cette plante légère qui s’invite sans bruit, transformant les murs anciens en jardin suspendu.

Au-dessus de la croix sculptée dans la pierre, la flamme vacille, comme une prière commencée il y a plusieurs siècles.

Cliché Eklaan

Rouillée par le temps, polie par des générations de mains, cette serrure garde la mémoire des silences qu’elle a protégés.

Abbaye de Chancelade – préparatif du clavecin – photo Eklaan

Quelques notes de clavecin flottaient sous les voûtes, légères et anciennes.

Vue de l’ancien cimetière où le clocher impose le respect

Sur la pierre assombrie par les siècles, le lichen orangé brûle doucement comme une braise minuscule laissée par le temps. Soleil minéral.

Cet article vous a donné envie d’en connaitre davantage, voici le site officiel de l’abbaye de Chancelade : http://www.abbaye-chancelade.com/

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